« Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». Ce proverbe pourrait résumer à lui seul cette nouvelle manière de travailler afin d’imaginer ensemble la mise en place de solutions durables. Pendant trois jours, le Climathon Liège a permis à des acteurs de tous horizon de tester ce mode de fonctionnement. L’intelligence collective permet-elle de répondre à tous les enjeux ? Est-elle adaptée à tous types d’entreprises ? Analyse de ce processus de travail qui a le vent en poupe.

C’est incontestable, notre environnement est en plein changement. Augmentation des technologies, arrivée massive des réseaux sociaux, bouleversement climatique… La société évolue et tente de s’adapter. Tous les secteurs sont touchés, notamment le monde entrepreneurial. Les entreprises doivent désormais se tourner vers de nouvelles manières de diriger, tout en adaptant leurs modes de fonctionnement. Septante-trois participants, accompagnés d’experts et de coachs ont eu l’occasion d’adopter cette dynamique collaborative lors du Climathon 2019, organisé par le VentureLab. Outre une réelle sensibilisation aux enjeux environnementaux, cet événement de trois jours se veut éducatif par la révélation de réels potentiels, tout en favorisant sa portée économique par la possible création d’entreprises pérennes. Sensible à l’impact positif généré par un tel événement, l’entreprise Thomas & Piron, spécialisée dans le secteur de la construction et parrain principal de l’événement, tient à soutenir les jeunes désireux d’entreprendre. Vanessa Orban, Community Manager chez Thomas & Piron, explique en effet que « nous sommes à un tournant. Participer au Climathon, c’est vraiment mettre un pied dans cette mouvance. C’est s’ouvrir à d’autres possibilités, questionner les jeunes et réfléchir avec eux ». À l’issue de ces trois jours de travail intensif, les quatre équipes sélectionnées ont d’ailleurs remporté quatre mois d’incubation au sein du Venturelab, qui leur permettra de transformer leurs idées en réel projet d’entreprise.

La force du groupe

L’intelligence collective pose que la mise en commun de compétences, connaissances et réflexions, favorise l’efficacité d’une équipe de travail. Grâce à une certaine complémentarité, il s’agit de penser collectivement pour servir un objectif commun. « C’est impensable qu’un cerveau aussi bien foutu soit-il, aussi expérimenté voir aussi pertinent, soit aussi bon qu’un groupe. Si on met quatre cerveaux ensemble, c’est plus que quatre personnes… Il y a un cinquième cerveau qui se crée et qui commence à avoir sa propre dynamique », estime Luc Pire, un des fondateurs du VentureLab. L’intelligence collective, c’est aussi un pari : pousser la réflexion à un point tel que des pistes de solutions au départ impensables, finissent par émerger. Pour que cette pratique fonctionne, plusieurs conditions doivent être réunies. Deniz Boga est facilitatrice et formatrice chez IdCampus. Elle est venue soutenir les jeunes entrepreneurs pendant le Climathon Liège : « pour faciliter l’émergence d’idées, plusieurs conditions sont nécessaires. Il faut tout d’abord briffer les participants sur un état d’esprit. Il faut faire en sorte que les conflits deviennent positif pour le projet. L’important, c’est de structurer le groupe pour qu’ensemble, ils deviennent une équipe. » Il est donc essentiel que l’intelligence collective soit cadrée. Deniz Boga poursuit : « Si c’est « mal facilité » , on n’est plus dans l’intelligence collective, mais dans la stupidité collective. Et là, on diminue la force du groupe ».

Finalement, essentielle ou accessoire ?

L’intelligence collective aurait donc certaines limites. Si elle est mal gérée, elle peut aussi engendrer certains conflits. « Je pense qu’il y a un moment pour tout. Il y a un moment pour travailler ensemble et aller chercher pleins de pistes, mais il faut pouvoir prendre une décision », explique Vanessa Orban, Community Manager chez Thomas & Piron. Le monde des entreprises tel qu’on le connaît aujourd’hui, nécessite encore la prise de décision par une ou un petit groupe de personnes. L’intelligence collective n’est de surcroit pas adaptée à toutes les situations, notamment les plus complexes, qui nécessitent de prendre le temps. Michel Duc est conseiller auprès de Gilles Forêt, échevin en charge de la transition écologique à la Ville de Liège, également partenaire du Climathon. Selon lui, « l’intelligence collective est adaptée lorsqu’on cherche à répondre à des grands défis. Elle ne peut pas être utilisée dans tous les cas de figure. C’est un peu au cas par cas ».

Cependant, même si toutes les entreprises ne sont pas prêtes à laisser la place à l’intelligence collective, son potentiel reste incontestable. Une force collaborative et complémentaire émane de ce type de réflexion, qui devient un réel levier dans la résolution de problèmes. Deniz Boga, formatrice chez IdCampus, affirme que « c’est potentialiser l’énergie des individus pour les amener à être encore plus intelligents que la somme de chacun d’entre eux ». L’intelligence collective peut, par conséquent, avoir un réel impact sur la quête de sens, aujourd’hui presque indispensable au bien-être des travailleurs. « Le fait qu’un manager s’oblige à écouter la collectivité, et s’oblige à créer des lieux où une dynamique collective se crée, a un réel impact sur les employés qui vont se sentir plus impliqués » mentionne Luc Pire, un des fondateurs du Venturelab.

Durant cette première édition du Climathon Liège, l’intelligence collective aura donc encouragé l’émergence d’idées dont la portée reste encore insoupçonnée. Elle aura favorisé une prise de conscience de futurs entrepreneurs face aux différents challenges environnementaux, aujourd’hui perçus comme de réels moteurs. Après le succès de cette première édition, Aude Bonvissuto, Business Developper au VentureLab et organisatrice du Climathon 2019, l’assure : « On va faire en sorte qu’il y ait une deuxième édition. On y travaille déjà… »

A l’année prochaine ?

 

Un article de Marie Lacomble. 

Merci à elle 🙂 ! 

Ces 24, 25 & 26 octobre, Liège entreprend pour le climat !