Et si l’entrepreneuriat était la seule voie qui fait sens ?

La génération Z1, plongée dans l’entreprise fait des étincelles et est souvent critiquée pour son infidélité et son opposition aux codes de la société salariale. Regardons cette génération avec bienveillance : ils expriment leur envie de trouver du sens au travail. Engagés, ils veulent agir ! Quelle est ma valeur-ajoutée au sein d’un collectif ? Quels sont les impacts de mon travail? Comment être en accord avec mes convictions?

Telles sont les grandes questions auxquelles peut répondre l’entrepreneuriat. Pour satisfaire une envie d’être concrètement utile, la voie entrepreneuriale semble être une solution d’emploi pertinente pour les nouvelles générations.

Ce 24 novembre, le VentureLab, premier incubateur francophone pour Etudiants Entrepreneurs, fête ses trois ans. En frappant à sa porte, 300 étudiants ou jeunes diplômés ont montré une envie de prendre les commandes de leur avenir. A Liège mais aussi à Paris, Londres ou Tallin, nous assistons à un vrai engouement des jeunes pour l’entrepreneuriat et à l’émergence d’une tendance de société. Mais pourquoi ?

Au départ, les motivations sont toujours un peu les mêmes : « être son propre patron » et « s’accomplir ». La recette fonctionne plus ou moins bien selon leur disponibilité et les compétences de l’équipe. Mais ce qu’ils ont surtout en commun, c’est qu’ils sont emportés par cette lame de fond: la recherche de sens.

A travers des témoignages et des conversations avec les entrepreneurs de demain, je devine cinq sens.

  1. Etre entrepreneur est un métier mais aussi des compétences additionnelles et indispensables à acquérir pour pouvoir répondre aux exigences actuelles et futures du marché (capacité de prise de décisions, de résilience, de créativité, capacité à savoir s’entourer, etc.). Dans un monde régit par l’obsolescence rapide des connaissances et des expertises, l’envie entrepreneuriale s’explique par un besoin d’apprentissage de compétences par l’action. L’étudiant entrepreneur cherche de la pratique plutôt qu’un tampon indélébile qui marque une expertise. Il construit son agilité ; l’entrepreneuriat est apprenant.
  2. L’étudiant n’attend pas de l’entreprise qu’elle lui fasse l’honneur d’un travail mais il fait l’honneur au marché de mettre à disposition ses talents et ses compétences. A travers l’entrepreneuriat, des étudiants créatifs ont pu construire des partenariats qui offrent aux moyennes ou grandes entreprises des solutions innovantes à leurs challenges et besoins de diversification. Des entreprises, comme Décathlon, l’ont bien compris et mettent en place des partenariats avec des incubateurs pour bénéficier des idées et compétences des acteurs de demain.
  3. A travers des modèles inatteignables et des objectifs ambitieux, la société nous pousse à utiliser nos égos et notre esprit compétitif pour franchir des lignes professionnelles dessinées par d’autres. Notre masque professionnel nous montre, uniquement, performant et actif. L’entrepreneuriat permet aux nouvelles générations de s’impliquer pleinement dans un projet en utilisant une autre partie d’eux-mêmes à savoir l’auto-gouvernance, leurs intuitions, leur intelligence émotionnelle et leurs aspirations profondes. Confrontés à leurs réels potentiels et leurs limites, ils s’accomplissent pleinement.
  4. Pour être un manager performant, il faut savoir s’arrêter, reculer d’un pas et observer son entreprise avec une autre perspective. L’entrepreneuriat ne se résume plus à l’action mais aussi à l’épanouissement personnel, véritable moteur de la performance du projet. Il fait sens parce qu’il invite l’entrepreneur à s’ajuster et devenir la meilleure version de lui-même.
  5. Plus qu’une crise, le monde est en mutation. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère. Tous les grands modèles (économiques, sociaux, environnementaux, etc.)  qui ont sous-tendu la conception de nos sociétés se doivent d’être ré-inventés. Ces héritiers sans héritage2 ont la mission d’imaginer et créer les nouveaux modèles. L’entrepreneuriat est un vrai vecteur d’initiative de changement.

Si 50% de la population a, aujourd’hui, moins de trente ans, que leurs choix professionnels sont guidés par le sens et que l’entrepreneuriat multiplie le sens par cinq, je peux raisonnablement croire qu’il est une véritable voie vers l’épanouissement économique et humain de la société. 

Avez-vous la chance d’avoir des intrapreneurs dans votre entreprise? Quel sens a l’indépendance?