Quelles sont les aspirations de nos jeunes talents ?

La jeunesse actuelle, pleine d’énergie et de créativité, a des idées à revendre et un réel esprit d’entreprendre. En effet, 24% des 18-30 ans souhaiteraient « se mettre à leur compte » et créer leur entreprise (Viavoice).

Nous observons, malgré le contexte économique, le chômage… que les jeunes voient plutôt leur avenir sous de bons auspices. En effet, Peter Drucker, spécialiste du management, le disait déjà : “ le meilleur moyen de prévoir le futur, c’est de le créer.

Cependant trop peu encore osent se lancer : créer son entreprise, c’est se lancer dans l’inconnu.

Pour ne pas étouffer dans l’oeuf des vocations précoces chez les jeunes, j’ai mis en place en 2017, en tant que Ministre fédéral des Indépendants et des PME, le statut d’Étudiant Entrepreneur. Un statut spécifique et avantageux sur le plan social pour soutenir et encourager l’audace et l’esprit d’initiative de notre jeunesse. Il est destiné à tous les jeunes de moins de 25 ans régulièrement inscrits à des cours dans un établissement d’enseignement en vue d’obtenir un diplôme reconnu par une autorité compétente en Belgique.

Un réel incitant sur le plan social et fiscal

Un régime de cotisations sociales avantageux : néant pour les revenus inférieurs au plancher en vigueur, et des cotisations réduites sont calculées sur les revenus intermédiaires (20,5%). En matière de soins de santé, l’étudiant reste à la charge de ses parents si ses revenus sont inférieurs au plancher en vigueur avec maintien du droit aux allocations familiales.

Enfin, la 1ère tranche de revenu n’est pas prise en compte comme ressource pour le calcul des personnes à charge et l’étudiant bénéficie d’une quotité de 7 570 euros exemptée d’impôt.

Il y a encore d’autres atouts très concrets comme bénéficier d’aménagements pendant la formation, conserver les bénéfices du statut d’étudiant le temps de créer leur entreprise pour les jeunes diplômés,…

Profil du néo-entrepreneur

Selon les données de RH Acerta, rares sont les étudiants qui commencent dès le début de leurs études, la plupart ayant 21 ans ou plus. Le profil est aussi plus masculin mais j’espère que les choses pourront évoluer. Chez Liantis par exemple, 61 % des étudiants indépendants affiliés sont, en effet, des hommes.

 

Les Start-up

Les success stories de start-up poussent de nombreux étudiants à les rejoindre, voire à lancer la leur. Effectivement, plus d’un tiers des jeunes rêvent de travailler dans une start-up, selon une étude de Job Teaser. Pour eux s’investir dans une start-up revient à se lancer le défi de participer à son succès, de faire ses preuves. Les jeunes plébiscitent aussi les start-up pour leur ambiance de travail et leur management souple. On y veille davantage aux objectifs réalisés qu’aux heures prestées.

En Wallonie, on comptait 400 start-up numériques tech en 2018, parmi elles, 1 sur 5 en partenariat avec une université. L’âge moyen de lancement pour une start-up est de 35 ans, 8% de ces entrepreneurs ont entre 20 et 24 ans.

Des Incubateurs

Loin d’être livrés à eux-mêmes, les Étudiants Entrepreneurs sont épaulés par les universités qui jouent un vrai rôle d’incubateur et que je veux féliciter pour leur engagement. Chaque néo-entrepreneur, si son projet est accepté, est coaché, par un expert interne ou par une personnalité issue du monde des affaires. Le coach s’apparente à un parrain qui apporte de la structure, canalise les idées, identifie les points faibles, recentre les priorités… et partage son carnet d’adresses stratégiques.

Cinq dispositifs locaux ont été mis en place :

  1. Start me up challenge à Charleroi
  2. Yncubator à Louvain-la-neuve
  3. Yump à Mons
  4. LinKube à Namur
  5. VentureLab à Liège

En Wallonie, un accompagnement des étudiants entrepreneurs a été mis en place. Ce dispositif d’accompagnement repose sur plusieurs éléments, tels que :

• trouver un accompagnement et des formations adaptés à leurs besoins ;

• s’intégrer dans les nouvelles manières de travailler ;

• s’intégrer dans des communautés.

Les objectifs assignés à ce dispositif étaient l’accompagnement d’un minimum de 20 projets la première année avec un triplement du nombre de projets en trois ans soit 60.

Afin de permettre à ces dispositifs de continuer leurs activités durant l’année académique 2018-2019, le Gouvernement wallon a mobilisé la somme de 1.270.000 euros et l’a octroyée à la S.A. Sowalfin.

Toutes ces initiatives favorisent le passage à l’acte entrepreneurial en vue de créer de l’emploi.

Un succès grandissant

On ne peut que se réjouir au vu des résultats : 361 étudiants ont porté 205 projets d’entreprise grâce au financement du dispositif Étudiant Entrepreneur entre septembre 2015 et fin juin 2017. On a observé une belle progression fin mars 2018 avec 527 étudiants et 310 projets.

On atteint le beau bilan au 31 décembre 2017 de 69 sociétés créées. On peut donc s’attendre à une augmentation du nombre de néo-entrepreneurs dans les années à venir.

EN BREF…

Avec ces structures d’encadrement, la volonté du monde académique et politique est de stimuler cet esprit d’entreprendre auprès des plus jeunes.

Parmi ces Étudiants Entrepreneurs, nul doute qu’un certain nombre d’entre eux poursuivront durablement cette activité et deviendront ainsi les indépendants responsables d’entreprises et les employeurs de demain.

En bref… Nous nous devons de soutenir et porter ces belles initiatives.

 

Willy Borsus, Ministre-Président de la Wallonie

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